Stage sur le BELEM

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Nice - Marseille en monument historique

21 au 24 Avril 2009

 

Arrivée le 20 Avril au soir au bout du vieux port de Nice, pour passer la nuit à bord du BELEM, ce monument historique naviguant (113 ans aux cerises).

Le 21/4

Arrivée des derniers stagiaires à 8h30.

Appareillage vers 10h00 sous un ciel très gris et léger vent de nord-ouest.

Sortie du port au moteur sans aucune aide extérieure, pilote à bord.

Première participation des stagiaires (48 personnes -  2/3 hommes de 15 à 80 ans – 1/3 femmes de 18 à 65 ans) à la manœuvre : envoi des voiles, tout dessus sauf artimon, tribord amure.

Le vent faible nous propulse doucement loin au sud de Cannes à la tombée de la nuit, pour faiblir encore.

Les conditions peu turbulentes permettent d’envoyer à  tour de rôle une bonne partie des stagiaires (harnachés) jusqu’à la première vergue de misaine et du grand mat.

Le système de quarts (les stagiaires ont été répartis en 3 tiers) rentre vraiment en application cette première nuit en mer, alors que le vent très faible, mais toujours nord-ouest nous amène au large du Cap Bénat au matin.

Le 22/4

Toujours sur le même bord, la journée se passe en corvées de nettoyage et astiquage le matin, explications du Commandant PERY l’après-midi (très bon pédagogue, passionné par son sujet, autant le bateau lui-même que la manœuvre d’un trois mats barque). Tandis que ceux qui le voulaient (moins nombreux que la veille) montaient jusqu’au sommet des mats (34 m).

Devant les plages de l’Alicastre et de Notre-Dame, « range derrière à border l’artimon » avec un bon planteur digne de la vénérable marine à voile.

Arrivée et mouillage devant le port de Porquerolles après dîner. Le vent est complètement tombé. Les stagiaires qui le désirent sont amenés à terre jusqu’à minuit avec une des chaloupes du bord (zodiac 150 cv, les traditions se perdent …).

Le 23/4

Appareillage au moteur à 4h00, le Commandant veut passer Sicié avant un petit coup de mistral qui s’annonce pour la mi-journée et l’après-midi.

Corvées habituelles le matin, exposé du Commandant l’après-midi.

A 2 miles devant Les Lecques, on met à la voile vers 10h00, encore tribord amure mais vent au 310, cap au 230, route vraie probablement au 170-180.

Le vent force jusqu’à 7, on réduit les 2 cacatois, la voile d’étai de grand cacatois, le grand perroquet et la grand voile, le diablotin et la marquise. L’artimon n’a toujours pas été utilisé. Quelques stagiaires commencent à se sentir mal.

Premier virement de bord lof pour lof pour les stagiaires. Grâce aux explications du Commandant et à l’accompagnement de l’équipage, nous commençons à nous familiariser avec les manœuvres (210 à bord du BELEM) et la manœuvre.

Revenant vers la côte, le vent commence à refuser en remontant au Nord et en faiblissant, vers 18h30, comme prévu par le Commandant.

Nous virons lof pour lof dans la baie de Bandol, puis commençons une route sud-ouest, remontant Ouest au fur et à mesure que le vent s’établit au Nord en début de nuit.

Le 24/4

Nous passons Riou, Maïre et Tiboulen au petit matin, sous le vent Nord (force 2) qui a duré toute la nuit

Le vent adonnant à l’est, pour ne pas rentrer trop tôt au Vieux-Port, nous virons vent devant à 1,5 mile de la plage du Prado, puis repartons pour passer à l’est de Planier, tandis que le vent d’Est forcit à 6. Cette fois, l’artimon (brigantine) a été envoyé, il sert de gouvernail aérien pour faire lofer le bateau.

Nouveau virement vent devant au large de Planier, manque à virer (houle très courte de 2 mètres). Seconde tentative réussie ; nous rentrons à Marseille par l’ouest de Planier et du Frioul, voiles carguées puis ferlées par l’équipage à l’abri du Frioul.

Entrée au Vieux-Port au moteur vers 15h15, pilote à bord.

Virement sur ancre, sans remorqueur, pour se mettre à cul au quai des Belges, juste en face de la Canebière, sous les yeux admiratifs des nombreux spectateurs.

Passerelle armée avec quelques difficultés, adieux au Commandant et à l’équipage, nous quittons le bord à 16h50.

Nostalgie, léger abrutissement dû à la nuit courte, tangage/roulis habituel à la reprise pied à terre, chacun repart vers sa vie ordinaire avec de nombreux et forts souvenirs.

 

Conclusions

(Qui n’engagent que moi).

Sur la navigation

Quatre jours pour faire Nice – Marseille, avec les conditions météo rencontrées, paraît tout juste. Il n’y a pas eu de temps perdu (vent nul la nuit passée au mouillage à Porquerolles) et, sans le moteur qui nous a amené au-delà de Sicié rapidement, aurions-nous pu terminer dans les temps ?

Le BELEM non motorisé était meilleur marcheur (pas de grosses hélices pour le freiner), mais à l’époque aurait-il quitté Porquerolles sans vent, sans prévisions météo, pour se trouver en fin de matinée avec un mistral forcissant dans le nez ?

Le plus sage aurait été de rester mouillés en attendant la bascule (mais le mistral peut durer 3, 6 ou 9 jours).

Heureusement, la bascule au Nord en fin de journée, puis à l’Est le matin  aurait permis de faire une bonne route au portant et, sans doute, de rattraper le retard.

Ce temps est typique de cette partie de la Méditerranée, vents changeants en force (ici de 1 à 7 puis à 1 en quelques heures) et en direction (un jour à l’ouest, le lendemain à l’est, en passant par le Nord, quand ça ne passe pas au Sud).

 

Sur la croisière

A faire absolument pour tous les amateurs de voile (4 jours est une bonne durée, car on va découvrir un autre monde) et aussi les autres qui, à condition d’être en bonne forme physique et pas fainéants, vont passer un séjour intense avec sensations fortes garanties.

La nourriture est excellente et abondante (l’air marin creuse), les explications du Commandant PERY remarquablement claires, précises, documentées et passionnées, la gentillesse de l’équipage à toute épreuve.